Votre grand test de l’été

 

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Je me souviens, quand j’étais ado, les grands magazines féminins proposaient toujours « le grand test de l’été »… alors on répondait à toutes sortes de questions pour savoir si on était plutôt introverti ou extraverti, si on avait l’esprit innovateur ou aventurier… vous avez compris.

D’abord, à l’époque, les tests pour se découvrir étaient d’avant-garde, ensuite l’adolescence était la période où chaque jour laissait transparaître une nouvelle facette de soi et puis, surtout, les interrogations existentielles étaient omniprésentes.

Les premiers cours de philosophie m’ont rassurée en apprenant que les hommes se prenaient le chou depuis bien longtemps : que déjà les présocratiques se demandaient quelle était la matière originelle qui unifiait le monde…moi je trouvais ça trop fort.

Le mythe de la caverne de Platon fut pour moi une véritable révélation ! Si tout n’était qu’illusion… oh ben m… alors ! « tout ça pour ça ? ». Ce sentiment d’illusion de la réalité était renforcé par des nuits où ma vie était encore plus réelle que mes journées : je me réveillais épuisée par des rêves où j’avais fait la guerre, essuyé des deuils, échappé aux pires catastrophes… D’autant plus que certains cauchemars étaient récurrents, avec une précision dans le décor hallucinante, je savais que j’avais déjà fait ce rêve et qu’au détour de cette cascade, j’allais retrouver tel ou tel paysage…

C’était pas une vie !

Si ça se trouvait – les chiens ou les chats avaient trois longueurs d’avance sur nous, ils avaient peut-être une perception de l’univers bien plus subtile que nous… je voyais bien que les sciences exactes étaient toutes relatives. Celui qui avait confirmé que la terre était ronde s’était bien fait condamner et traiter d’hérétique. En plus un chien ou un chat ne dirait jamais « tout est fini entre nous, je te quitte », ils étaient peut-être capables d’une authenticité, loyauté ou fidélité bien plus profonde que nous… Si j’avais été un chien ou un chat, j’aurais  sûrement été plus paisible.

Tout ça pour dire que les grands tests de l’été m’aidaient à dessiner les contours de ma pseudo-personnalité qui m’échappait complètement. Mais, je savais aussi que ces tests étaient très relatifs, j’étais conditionnée par mon contexte…si j’avais été allemande pendant la deuxième guerre… si j’étais née en Palestine… si et si et si… une ado quoi !

Après l’adolescence, le temps s’est écoulé pour surmonter toutes sortes d’obstacles affectifs, professionnels ou simplement physiques, pour se prouver la capacité de dépasser telle ou telle difficulté, pour justifier tel ou tel choix de vie… L’avantage « d’être jeune depuis plus longtemps »* c’est la possibilité de choisir de déposer les armes pour se la couler douce en buvant un verre entre amis, faire quelques petits travaux de couture laissés en plan, déambuler le coeur léger en ville ou au bord de la mer, bref ! Se la couler douce en faisant ce qui vous réjouit.

Il suffit de savoir ce qui vous fait extrêmement plaisir… mais ça, les amis, je ne suis pas sûre que vous le trouverez dans un grand test… c’est plus complexe et vertigineux qu’il n’y paraît… parfois c’est précieux de faire appel à quelqu’un qui vous donne un petit coup pouce.

Je vous souhaite un bel été apaisant !

*formulation empruntée à Aude Ramseier, enseignante de Cohérence Cardiaque    http://www.auderamseier.ch/

 

Une réflexion sur « Votre grand test de l’été »

  1. Oh comme tu as raison Maria-Rosa! Savoir apprécier ces petits moments simplement et richement émouvants avec les gens qui nous entourent. J’ai bien profité de ces vacances pour me la couler douce…

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