Votre choix sera toujours le meilleur !

Il y a la viande de choix, de surchoix et de premier choix, pour le gruyère aussi, pour les fruits et les légumes sûrement. Je ne sais pas qui fait le choix : les producteurs, les connaisseurs, les professionnels, ceux qui choisissent pour vous. Seulement après il y a le marché, et là, la magouille pointe son nez, parce que ceux qui choisissent n’ont pas les mêmes critères que vous… le marketing c’est un autre sujet.

La notion de choix doit être une combine des temps modernes, un concept qui s’est hypertrophié ce dernier siècle et qui a embrouillé les pistes plus qu’autre chose.

Je ne crois pas que ma grand-mère ait laissé le choix à ses enfants entre la pomme et la banane pour le dessert, parce qu’il n’y en avait tout simplement pas.
Ma mère ne choisissait pas entre la jupe ou la robe, parce qu’elle n’avait qu’une robe et qu’il fallait la laver pour sortir habillée, alors elle attendait qu’elle sèche pour l’enfiler. Quant au job, je n’en parle même pas.
C’était il y a 75 ans, presque un siècle…

Depuis des drames se sont profilés et démultipliés. La possibilité du choix a effacé l’enjeu essentiel de l’affaire : la capacité à être responsable de notre satisfaction.

Si une génération équivaut à 20 ans, cela fait donc 4 générations où nous nous sommes perdus de vue dans les méandres des choix multiples, une déresponsabilisation de notre indice de satisfaction.

La palette des choix, laisse supposer que peut-être il y en avait un autre qui aurait pu être meilleur, que peut-être nous n’avons pas suffisamment évalué toutes les possibilités, alors l’insatisfaction supplante toute capacité de plaisir. L’ennui c’est qu’en même temps la porte est ouverte à tous les boucs émissaires de nos frustrations : c’est la faute au prof, c’est parce que mes parents ne m’ont pas compris(e), c’est à cause de la secrétaire qui m’a pas donné toutes les infos, c’est le médecin qui ne savait pas, etc, etc… pour finir tout le monde est responsable de nos insatisfactions, sauf… soi…(ha-ha-ha!). Mais le pire du pire, c’est de croire qu’on a été trop nul(le) de faire ce choix…

Moi qui suis un précurseur – parce que précurseuse, j’aime pas cro cro – de la génération new age, je vous dirai que tous les choix mènent à Rome…quel que soit le choix, il était le meilleur pour vous à ce moment donné, voilà il semblerait que ce soit une loi.

Un choix qui nous parait raté a mis en lumière un élément qui était important pour nous et nous ne le savions pas. C’était donc un bon choix pour le découvrir.
Un choix qui nous met à mal, nous permet de mesurer nos limites et c’est grâce à lui que nous avançons dans la connaissance de soi, pour affiner nos priorités qui ne sont pas celles du voisin. C’était donc un bon choix pour souligner nos priorités.
Un choix qui plonge l’entourage dans un drame, lève le voile sur les personnes qui partagent notre quotidien, il nous offre de nouveaux points de repère et nous ne pourrons plus faire comme si on ne le savait pas. C’était encore un bon choix pour que chacun retrouve sa place.
Etc, etc…

Je reste avec le sentiment qu’il n’y a en réalité – peut-être – pas de choix ! Les vendeurs de pub, rhabillez-vous, vous n’avez rien à faire là. Il n’y a pas de choix, il y a… une certaine… acceptation…. En espagnol il y a une formule qui s’est perpétrée de génération en génération : el vivir con filosofìa. En ouvrant les journaux, je crois qu’elle a disparu des moeurs, mais je vous promets que je ne l’ai pas inventée, d’abord je l’ai entendue à la maison, depuis mon enfance et bien plus tard je l’ai retrouvée en littérature sur les bancs de l’uni.

Il ne s’agit pas de l’acceptation qui équivaut à de la résignation, un troupeau de moutons que l’on pourrait mener à l’abattoir. Non, il s’agit du « vivre avec philosophie », c’est-à-dire avec sagesse et largesse, autrement dit : immergé dans la grandeur du coeur.

L’ouverture du coeur permet de séparer le bon grain de l’ivraie. Il ne s’agit pas d’un calcul de marketing ou de probabilités, il ne s’agit pas de répondre à un questionnaire à choix multiple. Le coeur permet l’accès direct, sans heurt et sans violence, à cette longueur d’onde où tout prend son sens, les difficultés nous font sourire, nous retrouvons notre juste place, sans égocentrisme et sans hypertrophie de nos intérêts, parce qu’il n’y en a pas. Nous ne ne sommes jamais seul dans un choix, parce que nous sommes en permanence relié à tous ceux qui nous entourent, proches ou inconnus. Comme un caillou jeté dans la mare dont les ondes se répercutent à l’infini.

Il s’agit alors de vivre dans le no man’s land du coeur : ce lieu où il n’y a pas d’enjeux, pas de bon choix ou de mauvais choix, un chemin comme un autre qui parfois nous surprend, parce qu’on ne sait pas ni comment on va s’en sortir ni où il va nous mener, mais on sait qu’il est possible de prendre les choses comme elles viennent avec une certaine confiance ou, du moins, on est d’accord d’essayer…

Certains parlent de « non-choix » : s’ils n’ont pas vraiment choisi leur job, par exemple, mais que, le temps passant, ils disent qu’ils s’en sont fait une raison , c’est qu’ils n’ont pas décelé leur capacité à surmonter les travers et apprécier ce qui était à leur portée. Ceux-là sont les super-héros du vivir con filosofìa et ils ne le savent même pas !

Merci de ne pas vous mettre la pression sur des choix à faire et de vous laisser porter dans le no man’s land du coeur, vous verrez la balance penchera toute seule, sans effort, pour votre bien et le bien de chacun, car petit scarabée, mes voies ne sont pas vos voies comme dit l’Eternel…et à ce moment précis,  votre choix sera toujours le meilleur !

5 réflexions sur « Votre choix sera toujours le meilleur ! »

  1. Tu es une illuminée, y’a pas de doutes.
    Mais du coup quand on choisit, choisit-on vraiment ou est-ce simplement ce qui doit être?

  2. Tu confirmes ma philosophie de vie: je fais les choix guidé par mon coeur et non pas pour plaire aux autres ou être “fashion”. Ne nous laissons pas envahir par cette horde de requin de la pub et du capitalisme qui veut nous imposer une manière d’être et de vivre….raaaahh, beurk !
    Pour rebondir sur le commentaire précédent, j’aime ton être illuminé, qui éclaire mes expériences de vie, youpi !

  3. Je partage complètement : Le choix le meilleur ? La voix du coeur !
    Bravo pour ce bel essai sur les opportunités. Y d’la choie ! Et tu nous en donnes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*