une épiphanie

Dans le Larousse, on nous dit que l’épiphanie (avec minuscule) est une prise de conscience soudaine et lumineuse de la nature profonde de quelque chose.

Ben … ça m’est arrivé une fois… pour mon anniversaire.

Des amis sont venus me trouver à l’improviste, ils étaient trois, ils m’ont apporté de quoi faire une raclette, du vin et une forêt noire pour le dessert. J’ai reçu un pendentif d’ambre, une veste en daim rouge et des bâtons d’antimite pour l’armoire.

J’étais tellement ébranlée par leur visite, je me sentais tellement gâtée, que je ne savais pas comment les remercier. Alors je leur ai écrit ce texte :

Par une belle nuit étoilée du 25 octobre 1994, les trois rois se déplacèrent :

Il y avait la reine des terres du Sud. Ses yeux et ses cheveux étaient noirs comme les épaisses forêts grouillantes de vie, propres aux terres chaudes du Sud.

Il y avait le roi des terres du Nord. Ses cheveux étaient couleur poivre et sel, comme les montagnes enneigées, celles où naissent les rivières ; ses yeux avaient la couleur de leur source.

Il y avait la reine des terres de l’Intérieur. Ses yeux étaient changeants, parfois verts, parfois noisettes, parfois même humides ; ses cheveux aussi étaient mouvants, parfois plus sombres, parfois plus rouges, exactement comme les terres meubles du Centre de l’Univers.

Ils se rendirent au quartier de St-Paul, là où l’on brûlait autrefois les malfrats. Ils vinrent les bras chargés de présents : du raisin pressé, du lait caillé, de la viande séchée, de la crème montée en chocolat soufflé. Puis chacun à leur tour, ils déballèrent leur savoir :

Le premier dit : « Voilà quelques morceaux de cèdre pour parfumer ton intérieur et le protéger de la vermine. Et souviens-toi que le monde éthérique de la pensée, pour qu’il soit puissant et fertile, prend racine au cœur de la matière et s’inscrit dans le mouvement de la vie. Si tel n’est pas le cas, la pensée s’évapore dans le néant, sans début ni fin, elle reste stérile : la pensée a son parfum… ».

Le deuxième dit : « Voilà une parure d’ambre pour observer ton intérieur et le protéger de la vermine. Et souviens-toi que les effluves de l’émotion pour qu’elles puissent parer ton cœur doivent pouvoir s’observer sereinement et s’inscrire tranquillement dans une forme. Si tel n’est pas le cas, les émois forment un magma sans début ni fin, effrayants et stériles : l’émotion a sa structure … »

Le troisième dit : « Voilà une veste vermeille pour protéger ta peau et affronter la vermine. Et souviens-toi qu’il ne sert à rien de terrer ton corps enrobé de jutes, tôt ou tard il réclamera le soleil et tu risques de le brûler par ignorance. C’est lui qui te porte et te permet de t’emporter dans les terres du Nord, les terres du Sud et celles du Centre ; autant lui rendre hommage d’une telle largesse : le corps a sa fierté… »

C’est au quartier de St-Paul que l’on inscrivit sur une dalle :

La pensée a son parfum

L’émotion a sa structure

Le corps sa fierté

Voilà… j’ai relu ce texte mille fois pour me rappeler que :

La pensée constitue les prémisses de la matière, elle a un parfum, subtile, fugace, pourtant réelle. C’est une matière éthérique.

L’émotion doit pouvoir trouver un cadre pour s’épanouir, s’exprimer, un terrain de création. La création est la forme qu’on veut bien lui donner. Elle est source d’expression. Sinon elle prend toute la place, elle est alimentée par nos peurs, nos appréhensions, nos névroses, nos souvenirs douloureux, elle fait feu de tout bois, si elle n’est pas canalisée dans un registre spécifique, un domaine quel qu’il soit (musique, jardin, lecture, cuisine, sport, études, etc sans fin…)

Le corps est le véhicule sur ce plan terrestre, le soleil est le feu de l’amour, le corps est le véhicule pour expérimenter l’amour. On ne peut pas le bâillonner.

Alors, je vous souhaite une multitude d’épiphanies tout au long de cette nouvelle année 2019 !

4 réflexions sur « une épiphanie »

  1. Merci Ramimose, toujours aussi inspirante, avec toi l’année ne peut que bien commencer.
    J’imprime pour le partager avec Justine et Claire et que vive ! vivent les épiphanies.
    De belles bises bien chaudes pour toute la famille.

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