Pour les mamaz & papaz

Autour de moi il y a une ribambelle de mamans ou de futures mamans, comme je n’aurai plus l’occasion d’entendre régulièrement leurs préoccupations ou interrogations, je me dépêche de lancer au vent ma bafouille, en espérant qu’elle portera toute la confiance, toute la réjouissance d’être maman et balayera les tergiversations.

Je parle des mamans, parce que c’est le point de vue que je connais ; cela pourrait aussi s’adresser aux papas, mais là je déclare forfait par manque de testostérones.

Quand je suis devenue maman, en réalité, je ne savais pas bien ce qui m’arrivait…j’étais juste complètement dépassée, paniquée, éberluée, bouleversée, hallucinée. J’avais essayé de lire le classique « J’attends un enfant », et puis après « J’élève mon enfant »…mais y’avait rien à faire, je ne captais pas le contenu, moi qui pourtant avait un titre universitaire quand même ! Ben non… je captais pas, quelque chose dans mon cerveau faisait obstacle à une circulation neuronale fluide, les synapses ne connectaient pas.

J’ai essayé alors m’appuyer sur les conseils de ma pédiatre, une sorcière qui avait fait hurler ma fille qui me regardait à 4 semaines avec des yeux désespérés… Une pédiatre que j’ai vite quittée !

Après y’avait ma mère, et puis les copines, et puis les journaux spécialisés qui ne répondaient jamais à mon interrogation du moment. Mais c’était peine perdue, je ne comprenais rien, c’était trop pour ma tête, cette petite mistinguette qui hurlait comme si elle était sous la torture.

Je la regardais respirer, gazouiller et peu à peu elle a commencé à communiquer avec moi…et là, disons que la vraie vie de maman a démarré.

Alors quand je vois ces futures mamans avec leur gros ventre, on se demande d’ailleurs comment elles font pour ne pas basculer en avant, et quand j’entends les interrogations de ces jeunes mamans…je fonds, je fonds d’appréhension et de bonheur pour elles. Elles vont faire tous les parcours du combattant, elles vont grandir à elle-même, s’épanouir, elles vont redécouvrir, revisiter tout leur univers ! Parce que l’enfant est comme le révélateur qui permet de développer les photos…

La plus grande des erreurs c’est tout d’abord d’imaginer un seul instant que quelqu’un d’autre sait mieux que vous ce qui est bien pour votre enfant ! Ça vraiment quelle grosse arnaque !
Vous voyez bien que les modes pédiatriques changent : couchez-le surtout à plat ventre (année 60), couchez-le sur le dos (années 70), surtout pas, sur le côté avec des coussins (années 80), et après on refait le tour parce qu’il n’y a, physiologiquement, pas d’autres solutions, à moins qu’on les suspende emmaillotés comme au moyen-âge…
Ainsi donc, la première grande leçon que votre enfant vous offre c’est de mesurer la confiance que vous avez dans votre for intérieur…misère…la plus difficile !

Ensuite c’est d’imaginer que vous pouvez faire une erreur irréparable…il n’y a pas d’erreur irréparable, il n’y a que ce qui est juste dans le moment où cela s’est présenté. Comme la vie est un éternel mouvement et que votre enfant est un interlocuteur à part entière, toute situation est revue et corrigée jour après jour et même d’heure en heure.
Deuxième leçon : mesurer ses peurs…misère…elle rivalise avec la première !

Le seul fil conducteur solide à tisser avec attention est, une fois encore, l’amour. C’est vraiment trop simple n’est-ce pas ?

Et oui… l’amour…celui qui vous a incité à préparer ses petits légumes…et même si ceux-là sont pleins d’OGM, je vous promets qu’il va les digérer allègrement et qu’ils vont même le fortifier, parce que l’amour est bien plus puissant que les OGM.
L’amour permet une transmutation instantanée et radicale. On raconte l’histoire de cette mère qui a pu soulever une voiture sous laquelle était coincé son enfant, parce que l’amour a décuplé ses forces.

Ainsi donc, chères mamans et futures mamans, faites de la place à votre capacité d’amour… que les peurs, les inquiétudes, les préoccupations, les interrogations, les projections, les suppositions ne fassent pas d’ombre, ne camouflent pas votre amour et qu’il inonde tout l’horizon pleinement.
…et le signe que vous êtes sur la bonne voie, que vous avez pris la bonne décision, le bon choix, c’est … LA JOIE !

Même si vos légumes sont tout brûlés, le beurre rance, le lait tourné, mais que votre enfant vous regarde tout joyeux et tout content, gazouille, chante et rigole, c’est que votre présence aimante est plus puissante que tout le reste et c’est la seule chose dont il a besoin.
Mais c’est à vous d’être attentive à sa joie pour pouvoir la partager et faire abstraction de tout le reste.

Si votre amour est partagé par celle du papa, alors vous êtes bénie des dieux…rendez grâce et remerciez de pouvoir, en plus, partager cette joie avec le papa.

Votre enfant, dans sa besace de vie, aura engrangé votre amour, personne ne pourra le lui voler, il n’en sera jamais spolié et il y puisera à chaque fois que cela sera nécessaire, jusqu’à l’EMS…
…et quand il sera plus vieux…il rira de ces petits faux-pas, de ces petites maladresses qui n’étaient que le fruit des doutes ou des ignorances, parce qu’en arrière fond, il aura grandi dans l’amour !

Alléluia !