Pleine conscience aux heures de pointe

Est-il vraiment incontournable de s’offrir une semaine de méditation dans le désert, une retraite dans un monastère tibétain ou un ashram hindi pour aller à la rencontre de soi ?

Si notre choix penche pour le steak-frites, le ristretto bien serré à la fin du repas, peut-être même accompagné d’une petite sèche, est-on définitivement grillé pour atteindre un état de grâce ou de béatitude ?

Ben, moi j’vous-le-dis, ma brav’dame :
Non ! tout est possible ! …et pour tout le monde !

Parce que s’il n’y a que ceux qui ont atteint une limite trop douloureuse pour mettre le pied dans les séminaires de pleine conscience à l’Hôpital Cantonal ou ceux qui écoutent pousser leurs cheveux comme chantait Brel pour mesurer l’étendue et la Grandeur de la Vie…et ben on est mal !

Savourer sa propre beauté et sa grandeur, c’est là tout de suite, à portée de main, sans faire grand’chose, si ce n’est mettre son attention sur ce qui nous entoure et la place que l’on prend dans cet univers.

Et puis il y a une voie directe, là, que beaucoup beaucoup beaucoup de personnes vivent au quotidien, vraiment le truc le plus bête qui soit : simplement l’amour !
L’amour que l’on partage avec son compagnon, son enfant, sa voisine, son grand-père, sa tata ou son chien !

Vous savez, ce sentiment assez banal qui fait que le temps s’arrête, qu’on se sent grand, qu’on se sent vaste et fort. Cet élan qui nous pousse sans réfléchir à donner notre veste pour pallier au froid, à tendre une main pour éviter la chute, à préparer encore un repas alors qu’on irait bien prendre une douche, trouver du temps alors qu’on n’en a plus.

Mais ce sentiment d’amour, c’est un peu comme si le Bon Dieu nous donnait la main…

On n’y pense plus, on ne le remarque même plus, tellement on est envahi par les clips de nouvelles stars, les pubs des dernières boissons ou voitures, les génériques de séries et de journaux télévisés, tellement chacun se rue dans le tram pour lire les chiffons gratuits.

C’est ça le blême, ce parasitage incessant qui nous enrobe comme de la glue en permanence, on en devient stone et on se perd de vue.

Simplement se rappeler à son bon souvenir, mesurer toutes les attentions que nous pouvons avoir les uns pour les autres, ce lien qui nous permet de ressentir que nous faisons partie d’un grand Tout et nous y contribuons à notre mesure, simplement, l’air de rien.

L’amour rend meilleur, quel que soit l’objet de notre amour et nous le vivons tous les jours ! Cherchez-le, guettez-le, retenez-le et sentez simplement votre expansion à cet instant.
…et pour ceux qui vivent l’amour dans l’intimité d’une union, alors là c’est le jackpot divin !

Alors, tous les soirs aux heures de pointe, dans le tram, je passe en revue ma journée, en ressentant dans mon coeur les personnes que j’ai côtoyées, en mesurant ma place dans les moments heureux qui se sont déroulés.
Et si c’est le matin, toujours aux heures de pointe, je l’anticipe en me réjouissant de tout ce que je pourrai faire pour que ce monde soit meilleur… Je mets les mains sur mon gouvernail de soleil que j’ai décidé de fixer et je garde le cap en m’appuyant sur les personnes qui m’aident à le maintenir.

Si vous réussissez à vous souvenir de tous les moments heureux de votre journée, ça vaut toutes les cures ayurvédiques, ça vient de sortir, c’est les neurosciences qui vous le démontreront.

3 réflexions sur « Pleine conscience aux heures de pointe »

  1. J’adore tes textes, en particulier celui-ci qui me parle beaucoup, et parce qu’il m’arrive aussi de faire ce genre de réflexion aux heures de pointes (malheureusement plus le matin que le soir, lorsque mon esprit est encore à moitié ailleurs).

    J’adore tes analogies et ta vision de la Vie.

    Hier à mon barbecue, j’ai passé une excellente soirée. En rentrant, je souriais toute seule en y repensant, et en réalisant que la “magie” de cette soirée était principalement due au partage et à l’union des personnes qui y étaient présentes, et qu’absolument personne n’avait touché son téléphone de la soirée.

    Ce parasite incessant comme tu le dis, est probablement présent justement pour nous faire oublier “l’essentiel”, l’amour, et nous rendre en permanence insatisfait. Sinon, la société de consommation n’existerait pas, car on vivrait tous “d’amour et d’eau fraîche”.

  2. Bravo Marie-Rose pour tous ces magnifiques textes que tu partages et je me réjouis d’en recevoir d’autres!
    Bonnes Fêtes de Pâques et des vacances reposantes!
    Avec gros becs 💝😘💕💕🥰

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