My tailor is rich

…et ça nous fait une belle jambe !

Je ne sais combien de générations, depuis l’après-guerre, ont été élevées dans le Syndrome du Diogène monétaire. Je parle des générations sous nos latitudes, car ailleurs je ne les connais pas du tout.

Que la génération de l’après-guerre, c’est-à-dire les enfants qui ont grandi dans les années 40 ou 50 aient été traumatisés, je le comprends, c’était le temps où il fallait vendre une chèvre, les nantis donc, pour payer les soins d’une péritonite. J’ai aussi été élevée dans cette peur : « on ne sait jamais ce qui peut arriver… ». Mais nous ? On baigne dans le Syndrome du Diogène monétaire.

Je sais que certaines personnes, sans revenus, font appel à l’Hospice, je sais que ce n’est pas une fiction, mais une réalité pour certains. Je sais aussi que plus personne n’ose frapper chez le voisin pour un bol de soupe, plus personne ne conçoit d’aller vivre sous le toit de son frère ou de son cousin, ce serait du délire… Pourtant, en phase de vache maigre, qu’aurait-il de honteux à partager la table ou le toit d’un proche ?

Je vous dirai que si je suis actuellement dans la situation qui est la mienne, c’est parce que mon petit frère a complété, de moitié, mon salaire pendant 6 mois ! Je ne vais pas vous saouler maintenant de détails inutiles, mais je reste à votre disposition pour tout complément d’informations que vous pourriez désirer par voie personnelle. Mon petit frère donc m’a dit « vas’y ! » et puis il m’a offert un filet de rattrapage financier.

Les filets de rattrapage c’est un peu comme une casco complète ou un livret Titi au sein de l’entourage proche. Oui, parce qu’on sait que la famille a un petit peu éclaté, alors avec les ramifications de multi-parentales et poly-parentales, il ne s’agit pas de commettre d’impairs. J’ai, une amie, pas particulièrement aisée, pourtant bien plus jeune que moi, qui aide financièrement ses parents, elle leur a donné les fonds pour refaire leur salle-de-bains. Ben oui… ça vous parait surréaliste ? Évidemment conclure une assurance, c’est bien plus facile que tendre la main ou même prendre ce qu’on nous offre :
« oh mais non…ça me gêne… ».

Pourtant dans les journaux vous verrez des appels pour faire du bénévolats auprès de personnes handicapées, des demandes de dons divers pour les réfugiés, des heures offertes pour une association à but non lucratif, enfin vous avez compris, donc offrir son temps ou son argent n’est pas une notion absurde… Pourquoi faudrait-il attendre la journée du partage organisée par le biais de la Toop ou la Tigros ?

En parallèle, vous trouverez tous les articles alarmistes sur les caisses de pension. Hou ! Alors là préparez vos mouchoirs, on peut toucher à nos retraites ! Parce que notre espérance de vie augmente sans cesse et si vous fumez encore, sortez votre crécelle de pestiféré…parce que vous avez l’obligation de devenir très vieux, même si on touche à votre retraite.

Bon, trêve de plaisanterie. J’ai autour de moi des jeunes angoissés par l’avenir, parce qu’on leur a fait croire qu’ils n’existaient qu’à travers leur pouvoir d’achat. Le pouvoir d’achat c’est une formule à mettre en relation avec la vie chère et l’inflation, des mots barbares qui ne correspondent à rien tant que vous avez quelque chose à mettre dans votre assiette et que vous pouvez vous offrir le médecin. Seulement ces jeunes, ils sont angoissés pour de vrai et ils en souffrent ! De plus, on coupe l’herbe sous les pieds de ceux qui ont un projet sortant de l’ordinaire, comme, par exemple, devenir musicien, thérapeute de bols chantants, danseuse ou prof de yoga.

Ainsi ces jeunes ont beaucoup de difficultés à gérer leurs richesses, ils s’imaginent que la seule à prendre en considération est celle du pouvoir d’achat et, parfois, ils ne savent déjà plus avoir une certaine légèreté dans le partage et entretenir ce sentiment d’opulence au fond du coeur…

Vous, les papaz et les mamaz, revoyez votre copie à propos du concept de richesses, efforcez-vous d’entretenir le sentiment d’opulence : riche de jeux, riche de rire, riche d’amour, riche d’amitiés, riche de personnes sur qui s’appuyer, riche de plaisirs, riche, riche et riche ! Parce que quand ce sentiment est bien présent dans son coeur, il n’y aura plus la crainte du manque.

Le sentiment d’opulence donne une liberté de mouvements, dans le donner ou le recevoir, et la vie offre réellement ce dont on a besoin : rencontrer la personne qu’il fallait pour trouver un job, la collègue qu’il fallait pour nous prêter une poussette ou donner ses habits taille 6 mois, l’article qu’il fallait pour un bon plan économique, etc…

Le sentiment d’opulence attire l’opulence, mais sous une forme inattendue ! Devenez les nouveaux Diogène, Diogène d’amour  et de largesses !

2 réflexions sur « My tailor is rich »

  1. Je ne me souviens pas de cette période de 6 mois… ‘en a pas rajouté un peu ?… Quoi qu’il en soit le partage de lieu de vie entre 3 générations est revenu au goût du jour en Espagne et de plus en plus de jeunes (40% de chômage dans la tranche de 18-35 ans) vivent avec les parents et les grands parents parce qu’ils ne peuvent tout simplement pas se payer un loyer en plus du reste. Nous voyons moins cette réalité à Barcelone parce que c’est la région la moins touchée en Espagne par ce phénomène….
    Alors la richesse va se redécouvrir oui ! et cela sera dans le partage des ressources et de notre temps !

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