Lettre à ma fille

Dimanche, c’est encore une fois ton anniversaire ! Mais ça ne s’arrêtera donc jamais ? Tu vas grandir et grandir et grandir encore ?

J’hésite sur le sujet de ma bafouille, je tourne autour du pot…le pot reste sur la table…C’est de l’amour dont il s’agit et du chemin.

Si j’avais une baguette magique, si je pouvais t’offrir un cadeau emballé, si je pouvais te préparer une potion magique, ce serait de la joie !

La joie, c’est comme le soleil qui est là en permanence, mais qu’on ne voit plus chaque soir, il est parfois caché quand le temps est maussade.

Cette joie ne dépend pas de l’autre, ne dépend pas de ton job, ni de ton porte-monnaie. Cette joie est en permanence au fond de toi, elle t’appartient, personne ne te la prend et tu ne peux accuser personne de te la gâcher…
Cette joie je l’avais quand j’avais 4 ans. Et toi ? Te souviens-tu de cette joie ?
Moi je sais que tu l’avais, parce que c’est grâce à toi que j’ai repris un tout petit fil de joie…et puis peu à peu, quand j’ai retrouvé ce fil, j’ai tout fait pour ne pas le lâcher, j’ai serré très fort mes doigts autour de lui et j’ai fait en sorte de ne plus le perdre.

Cette joie a grandi, grandi, aujourd’hui je l’ai en permanence quelque part en moi. Elle m’accompagne et tout me ramène à elle.

Quand le monde autour de moi me cache de cette joie, je retourne dans mon for intérieur, je m’entoure de ce qui est important pour moi et je la retrouve en un clin d’oeil.

Ma belle, soit confiante, confiante en toi et en l’avenir quel qu’il soit. Il n’y a pas de faux pas, il n’y a pas d’erreur, il n’y a pas de mauvais choix. Tout est toujours possible, tout est en mouvement et à chaque instant on peut crier « coup de sac ! » .

Si tu imagines ta vie comme un chemin, tu vois bien qu’il y a des paysages plus ou moins verdoyants, plus ou moins escarpés, nous sommes quand même dans une région clémente !
Mais tu peux choisir n’importe quel sentier, c’est toi qui marches, c’est toi qui t’arrêtes, c’est toi qui reprends.

Et quel que soit ton compagnon de route, c’est toi qui portes ton sac et qui diriges tes pas. Le compagnon te rendra le voyage plus ou moins agréable et vous discuterez peut-être ensemble de la direction à prendre, mais chacun portera son sac et chacun dirigera ses pas.

Chacun assouvira sa faim et se désaltérera… Tu ne vas pas accuser l’autre d’avoir des cloques aux pieds ? Et tu ne vas pas t’accuser ou te sentir coupable que l’autre ait des cloques aux pieds ?

Il vaut mieux faire une halte, que chacun enlève ses chaussures, que vos pieds respirent, que vos cloques se résorbent pour gambader à nouveau !
Pour ton anniversaire, je sais que tu as déjà l’oreille suffisamment attentive pour entendre quand l’autre a faim, mais… je t’offrirais la sagesse d’exprimer clairement ta soif, avant d’avoir la bouche trop sèche pour articuler des mots !
Je suis très fière d’avoir été, actuellement, ton premier compagnon de route ! Et tu sais on a le droit de ne pas être bien, c’est une overdose d’ombres, comparable à une gueule de bois…c’est pas plus grave que ça.

Je t’offrirais la joie de continuer le chemin en toute confiance !

3 réflexions sur « Lettre à ma fille »

  1. Merci. Ce texte me rapproche de Federico et me permet de revoir ma relation avec lui. Comme est juste que es ce que tu dit à propos de joie. Continue à écrire. En passant je viens à Genève du 10 au 30 août

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