L’enfant intérieur

Je me souviens à la maternité, c’était l’heure de la tétée et je me présente à la pouponnière pour aller chercher mon bébé…j’arrive au guichet (ouais ben, chez nous c’était comme ça)… et je vois la nurse tenir dans ses bras et tenter d’entrer en communication avec un bébé qui piquait une colère ! Je me demandais comment ce bébé pouvait encore respirer… La vaaache !

J’avais lu quelque part qu’il fallait beaucoup parler aux nouveaux-nés, qu’il était important d’établir un contact visuel avec eux et que les premiers signes d’autisme pouvait être cette impossibilité de rencontrer le regard de l’enfant. Alors celui-là, c’était mal barré…

Comme c’était mon tour, je prononce le prénom de ma fille et ce bébé qui avait coupé toute communication avec le monde terrestre, c’était la mienne ! Glups !

Les mois passent, ma fille devait avoir un an, je ne sais pas qu’elle avait été la raison du litige, le fait est qu’elle pique une crise terrible et qu’elle commence à se taper la tête contre le sol… j’étais verte. J’avais lu chez Dolto qu’il fallait accueillir l’émotion, les désirs, les colères des enfants, c’était essentiel, alors j’ai appliqué ce qu’elle préconisait : je l’ai prise dans les bras et l’ai déposée dans sa chambre en lui disant que je comprenais qu’elle soit très fâchée, mais que là c’était trop fort pour moi et que dans sa chambre elle pouvait hurler autant qu’elle voulait. Une fois dans sa chambre, elle s’est arrêtée d’un coup d’un seul. J’ai supposé que la contrariété n’était finalement pas si grave. Evidemment je m’imaginais qu’elle devait avoir une pathologie inconnue, des signes avant-coureurs d’une psychose non encore décelée… J’ose me confier à mon amie qui avait une fille du même âge et me voilà profondément soulagée de savoir que sa fille avait aussi eu ce réflexe de rage… ça promettait…

Disons que le temps passant, le fait que la demoiselle que j’avais mise au monde acquière la capacité de parler et de s’exprimer a permis de pouvoir résoudre toutes les colères et les tristesses par l’échange, le partage, la création et les câlins. Une douce navigation d’amour bien loin des tourments de ses premiers mois.

Actuellement l’ère est à la prise de conscience de l’existence de « l’enfant » dans notre for intérieur. Les psy nous expliquent combien il est important de le reconnaître, de lui laisser une place et lui donner la parole. Il faut l’accueillir avec bienveillance, ne pas le juger et le laisser s’exprimer… Si on n’entre pas dans cette démarche, on risque d’ouvrir la porte aux frustrations et autres malentendus, on frise le déséquilibre en se perdant de vue, en ignorant nos profonds besoins.

Du coup, certains thérapeutes ont développé des techniques de communication non violente, entre soi et soi, pour mettre en relation l’enfant intérieur, le parent et le troisième larron de l’histoire dont j’ai oublié le nom. (j’ai trouvé : c’est l’adulte, en analyse transactionnelle… ça date des années 50).

Seulement j’ai rencontré des enfants intérieurs très tyranniques ! Je me disais que si cet enfant intérieur avait beaucoup d’importance, il pouvait aussi montrer les caractéristiques de ces enfants rois, ceux-là même qui nous mettent constamment en échec, car ils ne sont jamais contents et toutes leurs souffrances sont dues à quelqu’un d’autre, ils ne sont jamais responsables des jouets qu’ils ont cassés…

Il me semble qu’on a passé – au siècle dernier – de l’éducation où l’enfant n’avait pas le droit de parler à table, à une éducation où on hésite à cuire des légumes, parce que l’enfant ne les aime pas…

En serait-il de même pour notre enfant intérieur ? Est-ce que cet enfant échappe à toute éducation ?

J’aimerais bien savoir comment vous vivez la cohabitation avec votre enfant intérieur : prend-il toute la place ? A-t-il un cadre sécurisant où il peut s’exprimer tout en étant contenu ? Vous tyrannise-t-il avec un égocentrisme avéré ? Vous fait-il rire et jouer, découvrant le monde de jour en jour ?

A vous l’antenne…

PS : sur ce même site où vous êtes, je reçois presque tous les jours des commentaires qui sont en fait des pub soit pour gagner de l’argent en faisant je sais plus quoi (j’y comprends rien), soit pour rencontrer des femmes libres exceptionnelles (jamais des hommes)… moi je vous dis qu’y a des claques qui se perdent !

2 réflexions sur « L’enfant intérieur »

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