L’eau vive

La rivière qui coule ne s’inquiète pas de savoir quel est le nom du pays qu’elle traverse, elle coule.

Elle ne se demande pas si elle se dirige bien vers la mer ou pas, elle poursuit son cours. Elle ne vérifie pas de quel nom on l’a surnommée ou pourquoi, elle coule. Elle ne s’inquiète pas non plus des propriétés qu’elle pourrait contenir, elle coule.

Quand la pluie l’inonde et la fait parfois déborder de son lit, elle poursuit son chemin, parfois tranquillement, parfois fougueusement, elle suit son mouvement.

Quand des canaux la dirigeront ou changeront son parcours, elle ne s’en offusque pas, elle sait qu’elle vient de la Source et qu’elle ira rejoindre la mer, quoiqu’il advienne. Elle sait qu’elle irriguera de toutes façons les terres environnantes, elle sait qu’elle assouvira la soif de ceux qui en auront besoin, elle n’en tire pas particulièrement de fierté, elle coule.

On reconnaît l’eau, quelle que soit sa couleur, sa forme, son apparence : rosée, vapeur, nuages, crachin, neige ou glace, même celle de l’égout sera reconnue et, si elle n’est pas respectée comme source de vie, elle sera du moins acceptée et utilisée. Elle continuera de couler.

Vous êtes comme ces cours d’eau qui ont leur raison d’être, simplement parce qu’ils sont à l’origine de toute vie et votre parcours ne s’inquiétera pas des tourbillons de la vie, parfois inondé, parfois asséché. Vous participez à toute vie, simplement, parce que votre capacité d’amour nourrit toutes les personnes sur lesquelles vous portez votre regard. Et vous découvrirez l’amour chez l’autre, quelle que soit la forme qu’il prendra.

La reconnaissance de l’être, quel que soit son parcours, son statut, sa couleur ou ses compétences, devrait être entré dans les mœurs, mais non… nous en sommes encore au Moyen-Âge…aux balbutiements de la Grande Vie. Nous devons encore apprendre à…aimer…palpiter…rayonner… nous allons suivre des cours et des stages pour s’essayer, expérimenter, oser. Nous allons consulter pour nous apaiser, abandonner nos souffrances et découvrir ou nous convaincre que nous sommes de l’eau vive.

Évidemment, à l’école, pff, il faudrait parler de préhistoire ! N’est-ce pas suffisant d’être d’accord de venir s’enfermer dans une classe à 20 ou 23 élèves, toute la journée, alors qu’il y a tant d’arbres sur lesquels grimper, tant d’herbe pour aller courir, tant de bestioles à observer ?
La maîtresse me dit que je ne sais pas écrire mon prénom, mais elle l’écrit, elle, déjà tellement bien, pourquoi je devrais l’écrire à sa place ? Et si mon prénom est déjà écrit sur la feuille, pourquoi je dois passer par dessus, alors qu’il est déjà tellement bien écrit ?

Et les parents s’inquiètent, parce que leur enfant est agité, mais évidemment que je suis agité, puisque je sens bien que tout le monde est si soucieux et je ne sais même pas pourquoi… même la maîtresse est tellement nerveuse, je ne sais pas pourquoi elle se fâche, alors que c’est tellement bien de crier et de chanter tous ensemble, on rigole bien tous ensemble, on est heureux, pourquoi elle ne rigole pas avec nous ? Ah ! Elle veut qu’on fasse tous ensemble des ronds maintenant, dommage, on jouait bien…on ne se faisait pas de mal…

Ah oui…je ne suis pas la rivière à moi tout seul, je ne suis qu’un filet d’eau pétillant…alors la maîtresse nous met en cortège et souhaite nous canaliser…
Je serai un fleuve quand je serai grand en espérant que d’ici là on ne m’aura pas mis dans une bouteille !

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