Le zen de la tartine

“Le zen dans l’art de la tartine”, c’est pas de moi, c’est tiré de cette scène du film de Jean-Jacques Beineix “Diva” (1981)…  40 ans après je m’en souviens encore, tellement j’avais ri, tellement ça me parlait, tellement j’ai pris l’habitude de répéter cette formule qui me paraissait extraordinaire.

C’est comme Monsieur Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir, mille fois je me suis dit que nous étions des Monsieur Jourdain … heu, bon pour les plus jeunes, comme je ne sais pas si cette référence fait partie des nouveaux moyens pédagogiques, je fais allusion à Molière (Le bourgeois gentilhomme, 1670).

Quand j’étais ado, je disais qu’on allait payer pour pouvoir se rouler dans l’herbe ! Mais, saperlipopette ! J’étais visionnaire ! C’était pas parce qu’il n’y avait plus d’herbe, c’était parce que le B-A-BA des plaisirs de la vie était déjà en train de s’estomper, le bon sens était en train de disparaître, et moi sombre ado boutonneuse, je m’en rendais compte.

J’étais une privilégiée, et je l’ignorais. Mais la richesse, je ne savais pas encore que je l’avais sous mon toit par la philosophie de vie et l’éducation que je recevais. Évidemment, je m’en plaignais.

Il n’empêche qu’avec le temps, j’ai bien compris tous ces gestes qui nous ramènent à une certaine zénitude… Ce sont ceux que l’on répète de manière systématique ou méthodique, ceux qui nous obligent à être « à notre affaire », comme dit la maîtresse, mais en même temps nous apaisent, car ils nous donnent entière satisfaction :

  • laver les vitres,
  • éplucher les patates, ou tout autre légume,
  • étendre le linge,
  • repasser,
  • trier des vis et des clous,
  • ranger des pulls et des chaussettes,
  • désherber,
  • passer l’aspirateur,

Évidemment, on préfère suivre un cours de yoga ou de chi-kong, de tai-chi ou de cuisine végane… mais en réalité, les activités bien de chez nous, bien simples, bien rudimentaires, nous permettent d’atteindre cette zénitude, quand on le pratique volontairement avec conscience et légèreté.

Pensez s’y quand vous devrez ranger votre cave, trier vos vieilles photos… parce que celles qui ne sont pas vieilles, vous les avez dans votre nuage et vous ne savez même plus à quel point vous avez mitraillé compulsivement.

Pensez s’y quand vous aurez choisi de manger des haricots frais, parce que vous avez lu sur internet que les haricots congelés sont siliconés et que ça vous fera un nouveau sujet de conversation.

Pensez s’y quand vous devrez trier vos factures pour remplir votre feuille d’impôts ou les préparer pour votre comptable, parce que vous avez demandé un délai, une fois encore.

Alors vous saurez que vous être au bord du Satori, à tout moment au cours de votre journée et vous sautillerez de joie dans votre cuisine, en riant et en vous félicitant, parce que vous êtes trop FORT !

C’est ainsi que j’ai repris … l’art du tricot !

 

2 réflexions sur « Le zen de la tartine »

  1. J’ai cru qu il allait faire une tartine de cenovis géante.!!!
    Trop bon cette scène…et la réflexion autour….aujourd’hui journée 3 ‘T’….tartine, tondeuse et tri….

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