Le Kholanta de la planète terre

Le Kholanta de la planète terre

18 mars 2017, Aujourd’hui ma maman a 80 ans !

Je suis allée l’embrasser ce matin, même si je vais la retrouver ce soir…elle m’a dit qu’elle s’était réveillée par le baiser de sa maman (ma yaya), qui l’a embrassée en rêve en lui disant « siempre tan buena ! », (traduction : toujours aussi gentille ou bonne)… alors elle s’est réveillée dans un sanglot.

Sur le chemin du retour je me disais «… ici les warrior de la planète terre, bonjour !», ou encore « should I stay or should I go » des Clash, en pensant à O. qui est déjà parti de l’autre côté du voile. Je repense à M. partie le week-end passé. Et je n’ai qu’une image « Ici les warriors de la planète terre ». Il paraît que nous sommes des courageux ceux qui ont choisi de passer sur ce plan pour expérimenter l’amour… et bien c’est vrai, nous sommes des courageux, et même des warriors !

Je pense à O., à V., ils vont faire un week-end sur le pardon… oui il en faut du pardon… du pardon à soi pour avoir accepté de venir sur cette planète pour expérimenter l’amour. Nous sommes dans le Kholanta de la planète terre.

Et comme, pour la plupart, nous avons oublié d’où nous venons, et bien… c’est une télé-réalité que nous partageons tous ensemble, l’air de rien… je ne sais pas quel sera le prix à la fin…

En attendant je nous fais penser à ces entraînements dans les camps militaires où on les voit ramper dans la boue, alors qu’ils pourraient attendre le temps sec, on les voit escalader des faux murs qui mènent nulle part, être en équilibre pour se casser le cou gratuitement, sauter dans des étangs, traverser des rivières en hurlant « yeah-yeah-yeah ! » , mais c’est juste pour du beurre, un entraînement, pour si jamais c’était nécessaire pour de vrai, en attendant ils sont verts, défaits, pour rien du tout….

J’imagine tous les anges du ciel, nous observant, comme quand on est devant un épisode de Kholanta…alors dans notre salon, nous on sait qu’ils se sont inscrits pour avoir faim, soif, pour souffrir perchés au-dessus de l’eau, juste pour le fun, mais tout autour il y a l’équipe des ingénieurs son, les cameramans, eux ils rentrent peinards dans leur hôtel, pendant que les autres restent au milieu des mygales à avaler quelques escargots ou chenilles.. Mais ceux qui font le concours, eux ils rient et ils pleurent pour de vrai !

Un guide dans l’invisible me disait « ce que tu peux questionner… profite ! » Oui, mais c’est très clair que ceux qui vivent l’expérience de Kholanta, ils ne profitent pas toujours…alors nous c’est pareil, c’est un petit peu difficile de toujours profiter…parfois ça va, un moment ça va, mais à la longue, on a quand même un peu envie de sortir du jeu.

Alors, il semblerait que tous les soirs on se ressource auprès de notre famille dans l’invisible :

  • Bonjour ! Ça va ?
  • Oh ben j’aurais besoin de vitamines… quelques doses de patience, un peu de confiance, une pincée d’humour…
  • Oui, je te prépare un shoot de tout ça, et je te rajoute un peu de libido, il paraît que ça aide…
  • Ah, d’accord ! Bonne idée, y’a jamais de contre-indication !

Bon, là-haut ils savent qu’on l’a rote un peu… alors ils nous envoient des signes, de ci de là, parce que même chez les perchés de chez perchés, ils dérapent un peu… même s’ils ne mangent plus viande, même s’ils ne mangent que du bio et des graines germées, même s’ils méditent tous les jours et qu’ils font du yoga ou des massages ayurvédiques, ils trouvent le moyen d’oublier le B-A-BA.

  • Quel B-A-BA ?
  • Ben, l’amour !
  • Ah ouiii ! L’amour ! C’est quoi déjà ?
  • Ben tu vois, par exemple, tu te sens pas d’aller faire les courses, mais tu les fais quand même, parce que l’autre il est content que t’ailles faire les courses… ou bien ça t’arrange pas d’aller conduire avec ton fils, mais tu le fais quand même, parce que ton fils sans son permis il ira nulle part, alors tu vas conduire… ou bien t’as pas du tout envie de te lever le matin en courant pour attraper ton bus et arriver à l’heure, mais t’y vas quand même…chaque fois que ça t’arrange pas vraiment, tu te sens pas vraiment, ça te gonfle un peu, mais tu y vas, tu fais comme si tu y trouvais ton compte, et pour finir, comme tu y crois, hop, tu finis par y croire…
  • Ah ouai-ê-ê-ê cool !
  • Ouais… mais y’en a d’autres, par exemple, ça te gonfle de garder ta taille de guêpe, ça fait longtemps que t’en as plus, mais tu fais comme si, alors tu t’achètes la petite robe que tu mettras à l’anniv du fils de ta fille, et persuadée que tu seras resplendissante, tu finis par te sentir resplendissante, et le pompon c’est que tout le monde te trouve resplendissante, parce que t’as joué le jeu, tu vois, c’est simple…
  • Coooool !
  • Le problème c’est ceux qui oublient qu’ils jouent le jeu, ceux qui croient que Kholanta c’est pour de vrai… alors là ça se complique vraiment et ça finit par devenir craignôss…
  • Ah, mince alors… alors ?
  • Alors c’est les mecs qui pensent vraiment qu’ils doivent gagner beaucoup d’argent pour maintenir leur famille, ils se rendent malades,
  • Merde alors !
  • Bon, ils ont la retraite pour retomber sur leurs pattes.
  • Ah ! Sinon ?
  • Ben sinon, c’est ceux qui croient que s’ils ne sont pas connus, ils n’existent pas…alors ils n’existent pas, ou par procuration, à travers leur femme, ou leur fils qu’ils estiment exister pour de vrai…en attendant, ils frôlent les murs, en croyant qu’ils sont nuls…
  • Merde alors !
  • Bon, parfois ils croisent des personnes qui leur disent qu’en fait ils existent, ça les aide.
  • Ah ! Sinon ?
  • Ben avec le temps, 80 ans par exemple, si t’as résisté au faux-jeu de Kholanta qui est la vraie vie, t’arrive en bonne santé, tu rigoles, t’es content, tu peux même atteindre une certaine sagesse et tu souris en regardant ceux qui se dépatouillent, tu as de la tendresse et tu as su garder ton sac de pépites d’or, c’est-à-dire L’AMOUR, ton mari t’énerve mais tu l’aimes, tu te réjouis du petit pot-au-feu que tu vas mijoter pour ceux qui le veulent bien et tu donnes la main à celui qui trébuche, même si ça t’arrange pas parce que t’as les mains chargées de commissions…et chaque soir en te couchant tu dis « merci ! »C’est ma mère : 80 ans !

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