La dépression n’est pas celle que vous croyez

Plusieurs fois au cours de ma vie et depuis longtemps, j’ai vécu entourée d’un jardin. J’étais toute contente, j’allais pouvoir mettre plein de fleurs et peut-être même des légumes. Quel privilège ! Alors j’allais comme une grande dans les magasins ad hoc et j’embarquais oignons de fleurs, plantons, graines, enfin de quoi faire. Je m’étais dit que je n’allais pas mettre d’engrais, pas de désherbant, pas d’insecticides parce que je voulais respecter la faune et la flore, alors « hardi p’tits ! ».

Dans le premier jardin, j’avais planté des oignons de fleurs, mais je n’ai pas vu l’once d’un pétale, un vrai mystère…après avoir pris tous mes renseignements, il semblerait qu’ils avaient été l’objet d’un festin pour tous les animaux rampants sous terre, c’était aussi simple que ça. J’y avais mis des tomates, du céleri, des courgettes. Seulement, je n’ai pas su faire la différence entre le céleri pomme et le céleri branche, ils sont devenus des bonzaïs de céleri, immangeables… les tomates, je ne savais pas qu’il fallait enlever des gourmands, il y en donc eu une ou deux qui se courraient après… les courgettes sont devenus de vrais monstres, j’aurais pu en creuser des embarcations pour les enfants. J’ai dû déménager, l’âme en peine, j’avais déjà la nostalgie de ce jardin sauvage où les insectes trouvaient un havre de paix. Je m’étais dit que je ferais mieux la prochaine fois.
(…)
Le temps a passé et me voilà à nouveau entourée d’un jardin. Cette fois j’allais la jouer finaud : plus d’oignons, pas de fleurs à déterrer-mettre à la cave-ressortir au printemps, que des plantes vivaces et si possible qui supportent le gel. Toujours pas d’insecticides & co, quelques arbustes fleuris, bien que je ne sache toujours pas comment les tailler. Malgré mes efforts pour les prendre en photos, garder la fiche signalétique pour faire l’inventaire de la période de taille, j’ai bien vite accepté que cette force de vie échappait à mon esprit. Sans parler des rosiers, la fois où j’en ai taillé un, il a dû m’en vouloir, parce qu’il n’y a plus eu de roses jusqu’à la saison suivante.

C’est là où j’ai découvert : la potentille. Impossible de comprendre comment cette petite plante de rien du tout, envahit tout l’espace en un temps record, sans apporter le moindre pétale, la moindre baie. Ma belle-soeur m’a expliqué que dame nature n’aime pas le vide et que tant que je ne mettrais pas d’autres plantes ou fleurs à la place, elle continuerait à prendre tout l’espace.

Le jardin c’est un peu comme ma force de vie, mon envie de la voir fleurir et donner toutes ses couleurs à mon quotidien. Et puis cette potentille, c’est un peu comme les nuages de la dépression qui s’immiscent, alors que je ne l’ai pas conviée.

Avoir dans son entourage quelqu’un qui a tendance à la dépression est parfois difficile à vivre, parce qu’on voudrait bien parfois être aussi porté, ressourcé ou du moins soutenu. Mais il faut reconnaître que ce sont aussi des personnes particulièrement sensibles, réceptives et fines, ce sont ces qualités qui nous ont attiré vers elles. Elles font écho à notre propre sensibilité, réceptivité ou finesse, mais pour des raisons trop complexes à expliciter (chaque situation étant unique), nous y avons répondu par d’autres plis de vie.
Ces personnes nous incitent à être plus délicat envers nous-mêmes, à lever le pied avec bienveillance et écouter la tristesse de l’âme qui a perdu le jardin d’Eden. Elles ont l’âme en peine et ont de la difficulté à batailler sur ce plan terrestre, avec ses règles bien souvent barbares ou injustes et ses solutions parfois superficielles, souvent insatisfaisantes. Peut-être ces personnes ont le courage d’exprimer ce que nous n’osons pas. Elles mettent en lumière toutes les ressources aussi que nous avons développées pour supporter ces règles terrestres.
Elles nous permettent d’ouvrir notre horizon et d’être plus vaste dans la perception du sens que nous donnons à nos vies. Elles nous permettent de développer encore plus de patience, plus d’humilité, de générosité ou d’attention, mais aussi plus d’intensité dans notre force de vie.

Dans le jardin, comme dans notre vie, toutes les plantes ont leur raison d’être…mais nous ignorons le secret qu’elles recèlent. Le Dr. Bach avait perçu quelques indices du mystère…

Alors dans le jardin, cette potentille a peu à peu laissé la place aux fraises sauvages, elles s’étendent aussi. Discrètes, elles se développent à l’ombre et font le bonheur de toute la faune qui se nourrit aux alentours et notamment des oiseaux qui viennent chanter la vie en souvenir du paradis perdu.

PS : c’est le week-end de Pentecôte !

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