La cigale et la fourmi (suite)

Tout le monde connaît la fable de la cigale et la fourmi, mais peu connaissent le fin mot de l’histoire…

Ainsi donc la fourmi remballe la cigale en plein hiver, mais la cigale ne s’en offusque pas pour autant et ne se décourage pas ! Elle répondit à la fourmi :

-Oui, c’est vrai j’ai chanté tout l’été, mais toi tu es restée enfermée dans ton travail, sais-tu que certaines de tes congénères ont développé des ailes ?

Alors l’amour-propre de la fourmi fut piqué à vif … « comment ça des ailes ? ». Elle invita la cigale à entrer dans son logis et une longue veillée d’hiver s’éternisa jusqu’au petit matin.

La cigale raconta à la fourmi qu’elle utilisait effectivement ses ailes pour chanter. Son chant réconfortait ceux qui avaient peur du silence et égayait la chaleur qui plombait l’atmosphère. Elle berçait les enfants en bas âge et titillait la curiosité des plus grands qui couraient pour essayer de l’attraper. Un univers se développait autour de son chant, elle était l’emblème du midi et chacun était heureux d’entendre à nouveau son chant quand, au printemps venu, les premiers rayons du soleil commençaient déjà à brûler : le printemps avait fait monter la sève des entrailles de la terre et l’été entamait le mûrissement des fruits.

La cigale lui expliqua qu’elle avait des ailes pour pouvoir voler et voyager comme beaucoup d’autres insectes, mais elle n’avait pas besoin de partir bien loin pour se sentir heureuse. Elle voletait de ci delà humblement. Elle lui rappela qu’elle se contentait de sève sous la terre pour se nourrir et que c’étaient parfois les fourmis qui venaient dévorer ses larves, aussi crûment que les oiseaux.

Elle lui raconta comment les fourmis développaient leurs ailes pour pouvoir s’accoupler, mais aussi que ces ailes leur permettaient de prendre du recul et de s’élever.

Aux côtés de la cigale, la fourmi avait le sentiment que l’horizon de sa vie s’amplifiait et que les portes de l’inespéré s’ouvraient à elle. Elles passèrent ainsi tout l’hiver ensemble et lorsque les journées devinrent plus longues que les nuits, la fourmi partit à l’aventure découvrir le monde, laissant sa maison. Elle n’eut plus peur de manquer de quoique ce soit, car la cigale avait engrangé son esprit de poésie et de confiance. Elle se laissa porter par le vent et un jour elle remarqua qu’elle avait aussi des ailes pour la porter plus loin encore et jouir de toutes les richesses de la nature.

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