Joyeuses Pâques !

Aujourd’hui c’est le jour de la Résurrection pour les chrétiens et cette année les fêtes de Pâques ont commencé en même temps que la Pessa’h, sauf que les familles juives vont célébrer toute la semaine jusqu’à samedi.
Non…. je vous fais croire que je m’y connais, mais en fait pas du tout. J’avais fait un concours dans ma paroisse, que j’avais gagné haut la main, l’abbé m’avait expliqué quelle était la différence entre la Pâque juive et celle des Chrétiens, mais j’ai tout oublié.

Pourtant je suis une fervente de ma culture chrétienne, puisqu’elle correspond à ma présente incarnation. Jésus c’est mon pote, Marie ma copine et je prie tous les jours, plusieurs fois par jour. Mais je ne mets pas les pieds dans une église. Je serais née en Iran, j’aurais le voile ; je serais née dans une famille israélite, je mangerais casher, au pire j’aurais épousé un rabbin, tellement je suis fervente.
Mais fervente de spiritualité qui n’a pas de nom, pas de doctrine, quelque chose qui me colle à la peau depuis que j’ai poussé mon premier cri, qui voulait simplement dire : « c’est quoi cette m…. qui m’arrive ! ».

A part les invétérés des mosquées, églises ou synagogues, ou encore les perchés branchés sur les champs énergétiques, plus personne n’ose parler de spiritualité. C’est vraiment dommage, parce que les enfants ne savent pas « à quel saint se vouer ». Alors vous les papaz et les mamaz, qu’est-ce que vous dites à vos enfants ? « Oh oui, il est né aveugle, dommage ! », « oh zut, elle peut pas marcher, pas d’chance ! ».( c’est quoi ta feuille de route ?)

Non ! Impossible de se contenter de ça ! Impossible d’accepter cette condition humaine ! Car même le plus beau ou le plus fort des mouvements militants, ne peut brandir des revendications sur des situations qui ne sont pas le fait d’une histoire ou d’une culture. Il y a de profonds drames qui échappent à toute conjoncture. Ils sont. Très tôt j’ai considéré qu’il valait mieux mourir, plutôt que d’assister, impuissante, à la souffrance de certains. Mais je suis toujours là (pour toutes sortes de raisons que je vous confierai une autre fois).
J’ai donc cherché, cherché, cherché tout azimut. Je n’ai que des esquisses de réponses, des bribes, des poussières, des étincelles qui viennent et qui s’en vont les jours sombres.

Qu’ai-je dit à ma fille ?
Je crois que je lui ai tenu des propos à la fois durs et tendres. Je lui demandé de prendre sur elle et d’ouvrir l’oeil. Je lui ai demandé de se voir grande, forte, courageuse, humble et généreuse. Je lui ai même dit que son intelligence, si elle n’avait pas de coeur, elle pouvait se la mettre où je pense…
Ouais ben elle consulte toujours, je crois.
Je lui ai demandé de ne pas rajouter une couche d’agitation, une couche de tumulte et de peur où qu’elle soit et avec qui que ce soit.
Je lui ai demandé de rayonner le plus possible pour son bien et le bien de chacun.
Je lui ai demandé de vivre l’amour et de se débrouiller avec les moyens qu’elle trouverait, parce que moi j’avais pas de formule magique, même si j’avais très envie d’être le Père Noël et la souris des dents réunis.
Je lui ai dit assez rapidement que le Père Noël serait là, si elle avait envie qu’il existe. Et la souris aussi.

Ainsi donc, je salue les « outils » religieux que certaines cultures ont développés pour sous-tendre leur spiritualité. Leurs formes, leurs expressions, leurs rites, leurs explications ou leurs mots se justifient par le simple fait qu’ils permettent d’apaiser, d’illuminer, d’apporter plus de paix à leur quotidien.
Je ne me sens pas concernée par le fait qu’ils soient sincères ou pas. Si certains dérapent dans l’extrême, cela ne m’inquiète pas plus que d’autres aberrations présentes autour de moi.
Ce qui m’affole c’est que cette dimension invisible et spirituelle ne soit pas développée. Le mystère de ce qui ne se voit pas est porté par nos intentions et notre capacité de conscience.

Comme j’avais oublié la leçon de mon abbé sur la Pâque juive, j’ai tapé sur internet et j’ai visionné la conférence d’une Docteure en théologie qui comparait les deux cultures et parlait de la Pessa’h. Hou lala comme c’était compliqué ! « ce n’est pas seulement blabla, mais surtout blabla… il ne faut pas confondre blabla…qui n’est pas à proprement parlé blabla… » Oooh mais comme c’est compliqué ! Je me suis dit qu’il était loin le temps où j’excitais mes neurones à coup de références, de noms et de dates, les jeux de l’esprit dont je me suis gargarisée pendant longtemps, avant de comprendre qu’ils ne m’aidaient pas à vivre mon quotidien et les agitations de mon coeur.

Je me suis contentée de dire à mes élèves qu’on avait congé à Pâques, parce que c’était la fête du printemps et du renouveau, l’éternel recommencement symbolisé par les oeufs de Pâques, parce qu’on ne sait toujours pas si c’était la poule qui était avant l’oeuf ou le contraire… et basta ! Oui un des raccourcis dont j’ai le secret.

Pâques : aussi bien pour les uns que pour les autres c’est le passage de l’ange de la mort qui surplombe nos maisons, le chemin de la libération, celui le long duquel, après le gel, des feuilles et des pétales se déploient à vue d’oeil et tout ce qui paraissait mort reprend vie.
C’est sur ce chemin que je vous souhaite de belles découvertes.

Bonnes Pâques !

2 réflexions sur « Joyeuses Pâques ! »

  1. Merci pour cette ode à la spiritualité Marie-Rose !
    Moi aussi j’ai trouvé ça dans mon berceau et c’est beau.
    Ode au renouveau et aux joies qui l’accompagnent.
    Bisous

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