Être heureux, il n’y a que ça à faire

 

El Chache il était bossu, il est mort j’avais 6 ans… c’était le frère de ma grand-mère, la Yaya.

Bien plus tard, j’ai pensé que El Chache, il était Don Juan dans sa vie précédente, alors il s’est dit : « bon d’accord, j’expérimente l’autre facette du tombeur de filles… » alors il est né bossu et il est resté célibataire. Mais bossu en pleine guerre civile espagnole, ah faut vouloir ! En plus, il avait trop de plaquettes, alors quand il tombait dans les pommes, il fallait lui faire une saignée et puis hop ! La vie reprenait…

El Chache, je l’aimais beaucoup, en plus, il avait eu la bonne idée d’avoir un kiosque, un kiosque à kikos, pipas, bonbons, et je me souviens avoir été faire la caisse à Montcada, mais ça se mélange, je crois que ma grand’mère l’avait repris…bref… un kiosque avec des pipas à volonté, à l’époque, c’était la grande classe. A Barcelone donc, ah oui ! A Barcelone.

Et puis la Yaya, c’était donc ma grand-mère maternelle. Elle a eu la malheureuse idée d’être veuve en pleine guerre civile (1936-1939), enceinte de ma mère. En fait, on n’a jamais retrouvé le corps de mon grand-père, Isidro. En octobre ou novembre 1936, ils sont venus le chercher un jour, ils l’ont embarqué et il a disparu. Ma mère est née en mars 1937. Ah mais, là comme scénario de vie : bravo !

Ouille ! la vaaache : moi je suis née en octobre et mon frère en novembre… Bref.
(Je vous recommande la lecture de « Aïe, mes aïeux de Anne Ancelin-Schutzenberger »)

Ma grand-mère, la yaya donc, elle était très croyante, fervente, mais je ne dirai pas bigote, parce qu’elle avait vraiment beaucoup de cœur.

En pleine guerre civile, elle avait recueilli un soldat, qui avait la diphtérie et qu’elle a fait dormir dans la paillasse de ma mère et son frère…quand il est parti, il a fallu brûler la paillasse, à cause de la contagion.

Au bout de deux ou trois jours, le soldat est rentré chez lui et quelques semaines plus tard, il parait que sa famille a fait venir des vivres à ma grand-mère pour la remercier. Du pain, de la farine et je ne sais quoi, mais c’était le jackpot.

Ma yaya donc, elle est restée veuve, enceinte de ma mère, avec sa mère épileptique et trois gamins, en pleine guerre civile espagnole. Si on voit ça dans un film, on se dit : « non ! Faut quand même pas pousser, c’est un peu fort de café… » Et ben non ! C’est vrai ! Ma yaya donc elle a traversé la guerre civile espagnole comme ça. Je vous passe les détails de ma mère, parce que je les compilerai cet été, si j’en ai le courage. On m’a bassiné toute mon enfance avec des histoires de Cosette à pleurer, et je pleurais évidemment.

Et je me disais : « Pourquoi moi ? Pourquoi ici ? Et pour quoi faire ? »

Alors j’ai lu tout ce que pouvais pour savoir : « Pourquoi moi ? Pourquoi ici ? Et pour quoi faire ? »
Ce ne sont finalement que les seules vraies questions à se poser.

Et ben à 55 ans…hé-hé…j’ai les réponses ! https://www.youtube.com/watch?v=I1EFYiVKcok
C’est bête hein ?

Le résultat des courses, c’est qu’aujourd’hui je vois le beau dans presque toute situation… je vois les qualités, je vois la magie en chacun… si vous ne la voyez pas c’est qu’une petite couche de peur ou d’inquiétudes vous voile la face.

Prenez le temps, surtout si vous avez des enfants qui – pour rappel – sont nos maîtres, de voir en toute situation la beauté de l’Etre qui est en vous et … en face de vous !

Franchement, sans guerre civile, sans famine, sans maladie, sans manque, c’est à notre portée non ?

La suite au prochain épisode.

Une réflexion sur « Être heureux, il n’y a que ça à faire »

  1. HOLA nena estoy muy contenta de leer tus recuerdos y cada día me gusta mas de ver que no has olvidado todas las cosas que yo te he ido contando

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