C’est tous les jours Noël

Peut-être êtes-vous la première génération sans catéchisme,…sans baptême,…sans habits du dimanche,…

Mais sans contraintes aussi,…sans corvées ménagères ou familiales… on n’a pas osé vous demander de faire les courses pour la famille, on n’a pas osé vous demander de garder vos petits frères et vos petites soeurs, ni votre grand-mère ou votre grand-père d’ailleurs, on n’a pas osé vous demander de faire le repas pour tout le monde pendant que vos parents allaient travailler, parce qu’il existe les pizzas préemballées, les lasagnes au rayon frais et le poisson à la sauce armoricaine congelé.
Vous êtes, je crois, la génération où une femme de ménage vient faire ce qui est essentiel mais secondaire et où il existe des assurances pour tout : maladie, chômage, deuxième pilier, bris de glace et conflits juridiques, casco partielle ou complète.

Vous êtes de ceux où on a forcément fait du ski, au risque de considérer qu’on vous privait de quelque chose, ceux qui forcément sont partis en vacances une fois ou l’autre avec Easyjet, ceux pour qui on a organisé toutes sortes d’activités parascolaire, extra-scolaire, et scolaire tout court : de la musique ou de la danse, du window color, de la peinture où il n’était pas nécessaire de savoir peindre sans dépasser parce qu’une couche de plastique dessinait tous les contours…

Enfin, c’est la génération où on vous a fait croire que tout coulait de source, même si vos parents étaient séparés, même si vous aviez plusieurs Noël…

Alors vous avez eu tout le loisir et l’espace pour voir surgir au fond de vous des tourments existentiels, pour ressentir les soubresauts émotionnels qui caractérisent l’être humain, sans le filet d’une morale ou d’une religion.
Votre guerre civile est intérieure.

Noël, c’est l’histoire d’un mec qui est venu nous dire que tout est Amour, comme il a voulu faire la révolution dans ce même pays où ils sont toujours en train de se taper dessus, on l’a mis sur une croix et au-revoir-merci. Après lui, d’autres mecs ont profité de sa parole pour faire croire que si on faisait pas ce qu’il avait dit de faire, on allait tous mourir en enfer.

Mais entre temps, d’autres mecs sont venus dire que ce qu’il avait dit c’était du pipeau et pour finir ils se sont aussi tapé dessus. Le résultat des courses c’est que plus personne ne voulait plus rien entendre. Donc, pas de catéchisme, pas de baptême et pas de dinde à Noël.

Pour pallier à la guerre civile intérieure, il est utile d’avoir un filet intérieur, cette casco complète existentielle, c’est à vous de la tisser au fond de vous, fil après fil. De même que « pas de bras, pas de chocolat » : pas de filet, pas de paix.

De l’équilibre préemballé vous en avez à tous les rayons : de la sophrologie, du yoga, de la méditation, la pleine conscience, le Chi Nei Tsang, le Qi Kong, le tai-chi, le feng shui, le rééquilibrage des chakras, le reiki, l’acupuncture, l’iridologie, la réflexologie, la kinésiologie, le magnétisme, la géobiologie, etc, etc…
Aujourd’hui c’est Noël, c’est la fête de la Sainte Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit.

Le Père : c’est l’invisible, l’univers d’où l’on vient avant de naître et où l’on retourne quand on meurt.
Le Fils : c’est l’incarnation sur ce plan terrestre, c’est le visible actuellement et en ce moment.
Le Saint-Esprit : c’est cette partie de nous même qui nous permet d’être dans un moment de grâce, de joie et de bonheur. Le Saint-Esprit est le dénominateur commun, le lien, le pont entre le visible et l’invisible…
Certains ont dit que la Sainte Trinité c’est Joseph, Marie et l’enfant Jésus…donc que Noël c’était la fête de la famille et de l’amour.

Mais quand les familles éclatent en monoparentale ou multi-parentale, il reste la trinité faite du Visible, l’Invisible et l’Amour, parce qu’effectivement l’amour nous permet de faire la trêve dans notre guerre civile intérieure…
En ce jour de Noël, je vous souhaite d’être aimé et d’aimer de toutes vos forces.

Je reste à votre disposition pour tout complément d’information que vous pourriez désirer et l’année prochaine, à Noël bien sûr, vous recevrez votre deuxième leçon de catéchisme.

Je vous embrasse bien tendrement.

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