Avec le temps vient, tout revient !

Moi qui fréquente, de plus en plus, des personnes de 55 ans et plus, je peux vous l’dire : vieillir c’est pas seulement la galère, c’est aussi le pied !
Comme j’vous l’dis ma brav’dame !

Une amie me disait : « avec le temps, on devient ce qu’on est… »

L’avantage c’est que plus le temps passe et moins je sens avoir quelque chose à prouver, plus rien à justifier…c’est ce qui est…

Il n’y a plus non plus le phantasme de quelque chose qu’on aurait raté ou qu’il faut absolument faire, parce qu’on a l’assurance que les événements, les connaissances viennent à soi quand on est prêt. Il n’y a plus à courir après quoique ce soit, il reste seul le plaisir de ce qui se présente à nous. Mais attention : le regard reste vif, l’oreille alerte, les sens aux aguets, parce qu’on est prêt à accueillir tout ce qui présente avec toute l’attention dont on dispose. L’horizon est de moins en moins brouillé par des constructions mentales ou des attentes stériles.

Les amitiés se fortifient et il n’est même plus nécessaire de les entretenir. Même si les mois passent, les liens restent indestructibles, le fond de partages et de joies reste quels que soient les aventures, les aléas, les occupations… et je retrouve le lien qui a eu lieu à un moment donné, quel que soit le temps qui s’est écoulé, la discussion se poursuit comme si on s’était quitté la veille.

Il n’y a plus de comparaison sur l’apparence, le savoir, les choix personnels, il ne reste que le plaisir de partager cet instant joyeux. Il n’y a plus l’inquiétude du mot de travers ou de la parole déplacée, si elle survient, la gêne s’exprime avec cette tendre maladresse qui nous dévoile avec pudeur.

Il n’y a plus d’attente non plus, on a l’assurance que chacun fait le mieux qu’il peut avec les moyens qu’il a. C’est une acceptation inconditionnelle qui donne une trêve aux élans réactifs d’autrefois. Une trêve qui peut se prolonger autant qu’on le souhaite. On décide de ne plus être réactif pour des prunes, puisqu’on ne peut pas faire le chemin à la place de l’autre…on sait qu’il fait le mieux qu’il peut.

Il n’y a plus le souci du regard de l’autre. On sait que son regard lui appartient et cela donne une liberté jouissive, parfois, quand on peut se lâcher en sachant que l’autre y répondra avec la même largesse si l’envie le pique.

On a eu le temps de vivre, d’expérimenter la générosité de l’autre, la grandeur, la bonté, la confiance. Et comme on y a goûté, on ne choisit que ce qui nous procure le plaisir de ces qualités d’âme. Et tout le reste on le laisse passer comme les vaches regardent le train passer.

On devient ce qu’on est, comme un bon vin qui attend le temps pour se découvrir, offrir son parfum, son tanin, sa couleur.
Et pour ceux qui tournent avant même d’avoir vieilli, on le regrette, tristement, sans amertume, sachant qu’il ne pourra pas offrir toute sa beauté.

On devient ce qu’on est, parce que pour tous ces petits travers qui s’agrippent à nous, comme on finit par les voir venir – tellement on les connaît-, on finit par en sourire et au fond de soi on peut se dire « mais oui, cause toujours ! ».

On devient comme la terre qui fait feu de tout bois, qui guette le premier rayon de soleil pour laisser éclore ce bourgeon qui a traversé le gel.

La vieille branche sait que le printemps est déjà là  ! Mais si vous vous acharnez à vous en tenir au calendrier grégorien, c’est sûr : vous ne le savez pas…  C’est d’abord vu ma brav’dame ! 

3 réflexions sur « Avec le temps vient, tout revient ! »

  1. Ô comme ça a l’air agréable !.. Je crois que de temps en temps j’arrive à cet état paisible même si mes cheveux blancs ne recouvrent pas encore l’entièreté de ma tête. Si seulement on pouvait enfiler son habit de sage à sa guise pour goûter au calme quand on en a besoin, peu importe son âge !

  2. Voir les années qui passent de cette façon, ce n’est pas seulement une très belle histoire comme tu sais en écrire, Marie-Rose, c’est une réalité. Peut-être partielle, parce que les obligations sont toujours là. Mais, c’est vrai, on laisse passer plus facilement…

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