A la hora de la verdad

« A la hora de la verdad » est une expression assez courante en espagnol, littéralement : « à l’heure de la vérité ». Cela peut paraître assez pompeux ou grandiloquent… mais les espagnols n’ont pas peur de la grandiloquence, de l’emphase, des raccourcis vertigineux.

Je m’en suis rendue compte assez vite, lorsqu’une cousine de ma mère m’avait dit en me mettant à la sieste : « como te muevas, te mato ! » (heu…si tu bouges, je te tue ). Comme j’étais bilingue, mais un peu plus francophone qu’hispanophone, j’avais bien réfléchi pour savoir si, à plat ventre, j’allais tourner ma tête sur le coussin à gauche ou à droite, parce que je savais que je prenais des risques… Cette expression est très courante – en tout cas pour ceux de ma génération – alors le jour où j’ai brûlé les pois chiches du repas familial et qu’en plus j’avais acheté des petits pois non écossés, au lieu des haricots verts, eh ben, j’étais persuadée que mon dernier jour était arrivé ! (glups)

Ne tirez pas des conséquences trop hâtives, car cette emphase s’applique aussi pour les mots d’amour. Alors on n’aura pas peur d’appeler son enfant : mi vida o vida mía, rey mío, cielo, reina, etc… (ma vie, mon roi, ciel, reine, etc…). L’intensité de l’émotion et des sentiments passent par les mots. Je ne sais pas si, depuis, l’école a raboté cette capacité d’expression…mais j’ai grandi avec une génération qui n’a pas fréquenté les bancs d’école, alors la liberté était pleine pour faire des associations improbables, imaginer des allégories farfelues, exprimer les sentiments avec toutes les figures de styles à faire pâlir les traités de poétique. J’en suis un pur produit et aujourd’hui – je vous le dis tout de go – j’en jouis !

« A la hora de la verdad » donc, ce sont ces moments qui vous mettent à l’épreuve… ces moments où la vie vous met au pied du mur et une petit voix vous siffle à l’oreille : « on va voir de quoi tu es capable…on va voir si tu t’es raconté des histoires ou si c’est pour de vrai. ».
En réalité cette heure est une heure bénie, car elle vous donne l’occasion de prendre conscience de ce que vous avez vraiment dans le coeur et dans les tripes…
Elle vous permet de vous révéler à vous même.
Si vous ne voyez rien, si vous ne captez rien, ne vous inquiétez pas…une autre heure viendra…

Là où la gageure devient complexe, c’est que nous sommes tous dans le même bain : l’heure bénie est partagée…alors si l’autre en face de vous part en vrille, qu’est-ce qui dans votre attitude a permis ce dérapage ? Qu’avez-vous dit, fait pour déclencher cette réaction ? Qu’émanait-il de vous ?
Et vous ? Comment avez-vous accueilli ce pétage de plomb ? Avez-vous accusé le coup ? Avez-vous été réactif ? Quelle aventure !

En ce qui me concerne, je préfère qu’on me coupe la langue, plutôt que d’insulter qui que ce soit. Je somatiserai peut-être, je suis d’accord, je suis d’accord de me faire un furoncle, des hémorroïdes, voire pire, plutôt que de déraper. Comme à la télé : « C’est mon choix ! » (et ça me fait rire, ha-ha-ha!)

Bref. L’heure de vérité ce sont tous ces moments où nous sommes brassés par une situation familiale, professionnelle ou amoureuse. Toutes ces difficultés qui sont le lot de chacun à son échelle, parfois ce sont les enfants grandissants, parfois ce sont les parents vieillissants, parfois c’est une maladie qui épuise et c’est là où vous êtes votre propre héros, c’est là où vous pourrez vous dire – bien plus tard – « j’ai fait le mieux que j’ai pu », « j’ai su voir la priorité, sans accuser qui que ce soit », « j’ai su prendre ma part ou mes responsabilités », pour se réveiller le matin et se regarder dans la glace sans honte.

Vous seul(e) connaissez ces moments, une part de vous SAIT. Personne ne va venir vous féliciter, aucun diplôme ne vous sera remis, mais au plus profond de vous, une joie luit, une profonde joie et une sérénité, parce que vous aurez eu l’occasion de toucher du doigt la part la plus lumineuse et la plus puissante de vous même…

Comme vous l’aurez touchée du doigt, vous n’aurez plus envie de la quitter, vous l’aurez enfin rencontrée cette part divine.

L’heure de vérité sera passée, prenez-en acte, écrivez-là, notez ce que vous aurez traversé, sain et sauf. Et vous vous accueillerez en bombant le torse et en faisant en sorte de ne pas l’oublier. Vous aurez traversé l’épreuve du chevalier, une marche de plus dans la quête du Graal, celle de la paix et de la confiance…avec vous-même !

Et si vous n’avez pas touché votre part divine, mais aperçu votre zone d’ombre, alors voilà, vous savez que vous avez encore quelques tiroirs à dépoussiérer, quelque tapis à secouer. Est-ce si grave ? Pas du tout, l’heure de vérité vous aura permis de rester alerte, l’oeil vigilant.

Les heures de vérité se démultiplient en ce moment, j’ai mes sources, il paraît que ça brasse pas mal dans le cosmos. Je sais pas, peut-être qu’ils ont voulu faire un coup de sac galactique, ils ont décidé de secouer la bouteille comme dans la pub d’Orangina (c’est vrai ? Vraiment ? Ça date?). Ne vous inquiétez pas… enclenchez vos boutons d’intentions, la touche de vos aspirations, ces murmures de paix et d’amour.

Nous sommes des êtres lumineux et nous jouons le jeu de cette télé-réalité, ne soyons pas dupes et réjouissez-vous de découvrir un peu plus cette part divine – en vous – qui cherche à voir le jour.

Une réflexion sur « A la hora de la verdad »

  1. Superbe Marie-Rose, ça fait tout simplement du bien de te lire, et d’entendre avec tes mots que nous vivons tous dans les mêmes gammes, et varions sans cesse les mélodies à notre gré , ou à notre insu.
    merci pour ce partage , je t’embrasse fort.

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